Omar Moro : « 19 % du volume des exportations du Maroc partent de la région TTA »

La Région de Tanger- Tétouan- Al Hoceima disposera à terme de plus de 5.000 Ha de zones industrielles orientées vers les secteurs émergents. En termes d’investissement conventionné, la région TTA (46%) devance la région de Rabat-Salé-Kénitra (45%) et de Casablanca-Settat (9%).

Omar Moro, Président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la région TTA revient sur le rôle joué par la Chambre dans l’attractivité des investisseurs au niveau de la région.

EcoActu.ma : Depuis l’accession de SM le Roi Mohammed VI au trône la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTA) a connu une transformation radicale sur tous les plans. Quelle évaluation faites-vous de l’émergence du secteur industriel au niveau de la région durant ces deux décennies ?

Omar Moro : Le tissu industriel de la Région de Tanger- Tétouan- Al Hoceima a connu durant ces deux décennies une forte implantation des secteurs émergeants tels que : les composants automobiles et aéronautiques, les NTIC, l’agro-industrie, l’offshoring, etc.

Le plan de développement industriel « Emergence » prévoit une stratégie industrielle fondée sur le positionnement du Maroc sur de nouveaux créneaux porteurs, baptisés métiers mondiaux ( Offshoring, Automobile, Aéronautique, Electronique, Agroalimentaire, Produits de la mer et Textile).

Les objectifs de ce plan sont d’accroître le PIB de 1,6%, de permettre la création de 400.000 à 500.000 emplois directs et indirects et de réduire de 50% le déficit commercial.

A la lumière des objectifs de son plan régional, la Région de Tanger-Tétouan- Al Hoceima disposera à terme de plus de 5.000 Ha de zones industrielles orientées vers les secteurs émergents.

Hormis l’industrie du textile, la Région s’oriente de plus en plus vers de nouvelles activités notamment la chimie, l’électronique, la maintenance industrielle et l’ingénierie, dont le développement est favorisé par la disponibilité d’une main-d’œuvre jeune et qualifiée.

Par ailleurs, 19 % du volume des exportations du Maroc partent de cette région classée deuxième pôle industriel du Royaume, grâce à l’aménagement de zones industrielles aux standards internationaux, offrant une logistique performante et un accès facile aux marchés européens.

Une situation géographique exceptionnelle avec deux façades maritimes, une infrastructure portuaire aux standards internationaux, des zones industrielles qui montent en puissance grâce notamment à l’écosystème créé autour de Renault et Tanger Med. Un ensemble de facteurs qui ont fait de la région ce qu’elle est aujourd’hui.

Quel rôle a joué la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la région TTA dans l’attractivité des investisseurs étrangers notamment dans les secteurs de l’automobile, du textile ainsi que de l’aéronautique ?

L’attractivité est une question complexe. L’investisseur étranger peut être influencé par un ensemble de facteurs. Au niveau de l’investissement étranger, l’attractivité de notre pays en général et de notre région en particulier, ne cesse de se confirmer comme le prouve le flux continu des implantations étrangères au Maroc et à la région. Outre les domaines d’intervention traditionnels des investisseurs étrangers, à savoir le tourisme, le textile et l’industrie, ceux-ci ont commencé à opérer dans de nouveaux champs tels que l’équipement des voitures et la fabrication de pièces destinées à l’industrie aéronautique.

La CCISTTA a fortement accompagné cette tendance évolutive notamment à travers la promotion économique de la région à l’échelle nationale et internationale. L’une des plus importantes relations de la chambre s’incarne dans son appartenance à l’association des chambres de la Méditerranée en tant que membre co-fondateur en 1982, vice-présidente de son conseil exécutif et présidente de la commission des énergies renouvelables.

La CCISTTA s’est aussi toujours mobilisée aux côtés des instances régionales pour une meilleure intégration dans les objectifs stratégiques du territoire régional. Elle s’est vue également investie dans de véritables donnes touchant le marketing territorial ; l’incitation à l’investissement et au partenariat, le développement de banques de données ; de projets et d’opportunités d’affaires ; l’appui et l’assistance ; la contribution à l’aménagement de zones industrielles ; la réalisation des études concernant plusieurs thématiques centrales pour le développement de la région tels les écosystèmes de la région ; la monographie ; le guide de l’investisseur ; le répertoire des entreprises…

En somme la CCISTTA, tout au long de son existence, n’a cessé d’adapter ses actions aux enjeux et aux défis de son territoire.

Dans quelle mesure le secteur industriel contribue-t-il au développement socio-économique de la région (Chiffres à l’appui) ?

Tanger-Tétouan-Al Hoceima est un poids lourd de l’économie marocaine et une destination privilégiée des investissements directs étrangers (IDE).

Les dernières illustrations révèlent que la région s’offre 46% des projets d’investissement conventionnés début février par le ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique. Cette région devance la région de Rabat-Salé-Kénitra (45%) et de Casablanca-Settat (9%).

Aujourd’hui, elle dispose des plus grandes plateformes industrielles du pays regroupées en une seule entité : Tanger Med Zones (TMZ). Celle-ci a pour mission l’aménagement et le développement de la plateforme industrielle de Tanger Med qui regroupe les zones d’activités Tanger Free Zone, Tanger Automotive City, Renault Tanger Med, Tétouan Park et Tétouan Shore.

TMZ concentre actuellement plus de 750 entreprises orientées export pour un chiffre d’affaires de 5,5 Milliards d’euros en 2017, selon l’Agence spéciale Tanger Méditerranée (TMSA), en charge de l’aménagement et du développement de la grande plateforme industrielle. Cette dernière propose 50 millions de m2 de réserve foncière dans un rayon de 80 km du port et emploie plus de 65.000 personnes.

Certes les avancées sont nombreuses, toutefois plusieurs défis restent à relever notamment dans le service, le commerce et l’industrie. Dans le cadre de la nouvelle réforme, quelle sera la Vision de la CCSI de la Région pour accélérer l’émergence de la région ?

Permettez-moi de souligner qu’à travers le monde, les chambres professionnelles occupent une place de choix dans le dispositif de la gestion et de la promotion des économies locales. L’une des forces des CCIS c’est qu’elles sont une interface et un corps intermédiaire entre les pouvoirs publics et le secteur privé.

Ainsi nous sommes satisfaits  qu’un nouveau sens est donné aux actions des chambres à travers le renforcement de leur rôle en tant que partenaire principal des conseils régionaux, provinciaux et préfectoraux pour la simple raison que la particularité des chambres tient notamment au fait qu’elles sont administrées par des chefs d’entreprises élus et bénévoles, leur connaissance des entreprises du territoire et leur présence à proximité, en font des partenaires privilégiés des collectivités territoriales.

Ainsi des chantiers importants sont ouverts dans le cadre du contrat programme de la chambre pour la période de 2018 à 2021 et qui vont permettre certes à la chambre de jouer pleinement son rôle de fédérateur et d’initiateur et renforcer davantage sa présence en tant que force de propositions au niveau de la région. Je pense que la régionalisation a fourni aux chambres l’occasion d’un nouveau départ pour être pleinement associées à tous les projets de développement économique et accompagner la dynamique régionale.