La région TTA un des moteurs de croissance du secteur Textile-habillement

Pendant longtemps, le secteur du textile-habillement représentait le principal relais de croissance et l’un des principaux secteurs du tissu industriel de la région du Nord.  Un secteur de forte consommation de main-d’œuvre avec plus de 80.000 employés particulièrement des femmes non-qualifiées qu’aucun autre secteur ne peut embaucher. Un secteur vital pour la région qui, vers les années 2000, a été frappé de plein fouet par la crise économique et financière des principaux partenaires notamment l’Espagne et France qui absorbent près de 60% des exportations du secteur.

Avec la baisse du nombre des commandes, plusieurs entreprises ont dû mettre la clé sous le paillasson. Pour sauver le secteur et minimiser la casse, le gouvernement avait adopté des mesures de soutien.

Une vision globale du secteur a été développée en intégrant aussi bien l’export que le marché national, un objectif poursuivi dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020. Le but étant de redynamiser ce moteur de croissance.

Aujourd’hui cette crise semble être dépassée. Le secteur a frôlé pour la première fois la barre des 38 Mds de DH à l’export. Selon les chiffres du HCP, le secteur est redevenu en 2018 le premier contributeur à l’emploi industriel avec plus de 11.000 emplois. D’après Mohamed Boubouh, président de l’AMITH le secteur renoue avec la croissance aussi bien au niveau national que dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima qui représente 46% du secteur. En 2015, la région a connu des taux de croissance de 21% du chiffre d’affaires (5,2 Mds de DH), 28% du volume à l’export (4 Mds de DH), de 20% d’investissement (134 MDH)…

Selon les chiffres de l’AMITH, le secteur compte aujourd’hui 400 entreprises qui produisent plus de 100 millions de pièces par an, dont la sous-traitance détient la plus grande partie.

Les effets du PAI se font ressentir

La reprise de la croissance est le fruit des dispositifs pris dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020. Parmi ces mesures le lancement des écosystèmes textile-habillement en 2015 ce qui a permis d’enclencher la dynamique de l’investissement dans le secteur.

Depuis plusieurs conventions ont été signées en mars 2016 par le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique, Moulay Hafid Elalamy, celui de l’Economie et des Finances ainsi que les dirigeants des entreprises concernées.

Au total, 28 projets d’investissement ont été signés pour un montant de 713 MDH dont 6 sont portés par des locomotives et 22 par des PME. Ces entreprises sont appelées à créer 11.951 emplois (12% de l’objectif ‘Emploi’ fixé aux écosystèmes textiles d’ici 2020), à générer un chiffre d’affaire additionnel de 2,3 Mds de DH et un chiffre d’affaires à l’export de 1,3 Mds de DH (26% de l’objectif à réaliser par les écosystèmes du textile d’ici 2020).

Il s’agit concrètement de 6 locomotives porteuses de projets d’investissement opèrent dans les filières du Fast Fashion (4), du Denim (1) et des Distributeurs industriels de marques (1). Quant aux PME, leurs activités se répartissent sur les métiers du Fast Fashion (9), du Denim (1), de la Maille (5), du Textile de Maison (2) et du Textile à usage Technique (5).

La région TTA et plus particulièrement Tanger figure parmi les villes qui s’accaparent la plus grande part de ses investissements avec 21% juste après Casablanca qui s’accapare la part du lion avec 50%. En termes d’emploi, 12% des emplois seront créés à Tanger.

De nouveaux investissements pour booster le secteur

Cette année et plus précisément en mai dernier, le secteur du textile-habillement au niveau de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a été marqué par la concrétisation d’un investissement important.  Le groupe Vita couture-Diprints a ouvert non pas une mais deux unités industrielles dans la zone franche de Tanger spécialisées dans l’impression digitale sur tissu et dans la confection de prêt à porter, pour un investissement de 220 MDH.

Fruit d’une joint-venture avec le groupe espagnol textile Santandarina, l’usine Diprints a nécessité un investissement de 90 millions de DH, et emploie 110 salariés.

Elle est spécialisée dans l’impression numérique sur tissu avec l’utilisation des techniques les plus récentes qui lui permettent de reproduire tout type de graphisme ou photo avec un résultat de qualité optimale, répondant ainsi aux besoins des entreprises de l’écosystème de l’habillement.

Quant à la deuxième composante du projet, Vita Conf spécialisée dans l’habillement, elle s’est engagée avec l’Etat à réaliser un investissement de 88 MDH et à créer 2.170 emplois directs et indirects.

Exclusivement dédiée à l’export, cette production du groupe Vita Couture-Diprints va contribuer à atteindre les objectifs du secteur ceux de porter la taille du secteur local et à l’export à 60 Mds de DH en 2025.