Marc Nassif : « Le Groupe Renault Maroc est engagé à atteindre un taux d’intégration de 65% à horizon 2023 »

En reprenant la Somaca en 2005 et avec le lancement de l’usine de Tanger, le Groupe Renault a joué un rôle primordial dans l’essor de l’industrie automobile marocaine. Le Groupe Renault vise désormais un taux d’intégration de 65% et un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros de Sourcing Maroc qui intègre les achats locaux et à l’export (hors véhicules) à l’horizon 2023.

L’engagement du Groupe au Maroc prend également une autre dimension à travers sa fondation qui œuvre en faveur de l’inclusion et la mobilité durable.

Marc Nassif, Directeur Général du Groupe Renault Maroc revient sur une histoire commune vieille de plus de 90 ans.

EcoActu.ma : Le Groupe Renault a plus de 90 ans d’existence au Maroc mais depuis plus d’une décennie l’usine de Renault Tanger marque une nouvelle ère d’industrialisation du Maroc. Aujourd’hui, comment se développe l’écosystème Renault dans la région ?

Marc Nassif : Avec le Groupe Renault, nous avons la chance d’être présent au Royaume du Maroc depuis plus de 90 ans et d’avoir accompagné la naissance de l’industrie automobile il y a 60 ans avec la création de la SOMACA, l’usine emblématique qui représente à Casablanca, le fleuron de l’industrie automobile national.

Nous étions également au rendez-vous de l’accélération de l’industrie automobile sous l’impulsion de Sa Majesté, avec la reprise de la Somaca et ce pari incroyable du projet de Tanger.

Le Groupe Renault Maroc joue aujourd’hui son rôle de locomotive et tire le développement de l’industrie automobile avec ses 2 usines à Tanger et Casablanca, devenue 1ère filière exportatrice du Royaume.

Premier constructeur dans le Royaume, un des axes majeurs de notre essor dans le Royaume est le développement de notre écosystème industriel pour accompagner notre croissance. L’engagement du Groupe Renault vis-à-vis du Royaume est d’atteindre un taux d’intégration de 65% et de cibler un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros de Sourcing Maroc qui intègre les achats locaux et à l’export (hors véhicules) à l’horizon 2023.

Dans ce sens, comment la collaboration avec les autorités marocaines contribue-t-elle à la réalisation des différents objectifs fixés ?

Des efforts colossaux ont été engagés de la part des équipes Renault et celles des Ministères de l’Industrie et des Finances depuis la signature du contrat de Performance Renault. Les résultats commencent à être visibles et se traduisent conformément à l’engagement pris à Rabat le 7 Avril 2016. Il est rare de voir une aussi belle symbiose dans les relations et les efforts combinés des équipes des Ministères et du Groupe.

La base locale de nos fournisseurs a doublé depuis la signature du contrat. 90% sont de nouveaux fournisseurs avec des sites Greenfield et 10% restants sont sur la base de sites déjà existants.

En 2018, vous avez suivi de près les annonces de démarrage de production pour une dizaine de sites ; une vingtaine est en cours de réalisation en 2019.

La réussite du développement de l’intégration locale passe sans aucun doute par un intérêt économique pour toutes les parties et la performance en termes de coûts, qualité et délai tant pour Renault que pour ses partenaires.

Comment accueillez-vous l’arrivée de PSA au Maroc, avec tout un écosystème qui se met en place à l’Atlantic Free Zone ?

Le secteur industriel au Maroc a connu une incroyable accélération tant dans l’automobile que dans l’aéronautique. Mais force est de constater que le pays reste jeune industriellement.

Pour développer le tissu de fournisseurs, il a fallu développer un savoir-faire local, de nouvelles filières et de nouvelles compétences. Nous avons beaucoup travaillé sur la formation aux métiers de l’automobile pour ainsi le développer.

De plus, avec le développement de l’Ecosystème Renault et l’arrivée de nos concurrents, il y a de la mutualisation, ce qui a permis à nos partenaires de ramener de nouvelles technologies et de nouvelles commodités car ils trouvent un intérêt économique à s’implanter au Maroc. Dans ce sens, l’augmentation des volumes de pièces et composants, que ce soit pour la production locale et l’exportation, est une superbe opportunité.

Sur le volet commercial, nous avons tous les atouts en main avec nos deux marques – Renault et Dacia– offrants des gammes complètes complémentaires en adéquation avec les attentes de nos clients.

En 2018, il a été décidé l’augmentation de la capacité de production de l’Usine Renault de Casablanca. Comment s’opère la synergie entre les deux usines de Casablanca et de Tanger ?

Il faut reconnaître que ce qui s’est produit au Maroc depuis une quinzaine d’année est remarquable et sans égal. Au début des années 2000, Renault a cru au Maroc en reprenant la Somaca. Mais c’est avec le lancement du projet Tanger en 2007, défi que beaucoup pensaient inatteignable que l’industrie automobile s’est accélérée pour faire du Maroc un pays industriel de 1er plan en la matière. Et c’est une fierté pour Renault, locomotive de l’industrie automobile, de voir que ce secteur est devenu depuis 2014 la 1ère filière exportatrice du Royaume. Les chiffres le démontrent clairement : de 10.000 véhicules produits en 2005 pour le Groupe, nous avons franchi la barre des 400.000 voitures produites en 2018.

Concernant la SOMACA, le travail se poursuit pour passer dès cette année de 80.000 à 100.000 véhicules de capacité annuelle.

L’essentiel de la production est destiné à l’export. Comment réagissez-vous à la tendance actuelle du marché mondial ?

Nous avons fabriqué en 2018, dans nos 2 usines de Tanger et Casablanca, plus de 400.000 véhicules dont environ 90% sont exportés vers 74 destinations ! Le Groupe Renault Maroc est une base de manufacturing pour le Groupe avec plus de 10% des véhicules vendus par le Groupe Renault dans le Monde fabriqués dans le Royaume. C’est une grande fierté pour nous tous, plus de 11.000 collaborateurs, de voir rayonner le « made in morocco » dans le Royaume et dans le monde.

Nous observons avec beaucoup d’attention l’évolution et les tendances des différents marchés internationaux et restons fondamentalement confiants en l’avenir. Ces 74 destinations représentent une force pour l’activité du groupe dans la mesure où ces marchés assurent une complémentarité et un équilibre de la demande.

En novembre 2018, la Fondation Renault voyait le jour en faveur de l’inclusion et la mobilité durable. Aujourd’hui quel bilan faites-vous de ses activités ?

L’inclusion et la mobilité durable sont les 2 piliers centraux des actions menées par la Fondation et ses partenaires. Aujourd’hui, divers projets ont été menés avec les partenaires locaux autour de l’éducation, notamment dans le préscolaire et l’organisation de activités parascolaires. Par exemple : 6.300 enfants ont pu bénéficier de la 1ère tournée du bibliobus dans les écoles publiques de la région de Casablanca.

Nous avons mis en place aussi des solutions de mobilité scolaire : 13 bus scolaires assurent quotidiennement le transport de 1700 élèves scolarisés dans les collèges et lycées de la région de FahsAnjra.

Enfin, la mobilité durable est une notion pionnière développée par le Groupe Renault dans laquelle nous nous engageons à sensibiliser à la sécurité routière avec le programme Tkayes. D’ailleurs, la Fondation Renault Maroc a lancé sa 6ème campagne « TKAYES SCHOOL », au 1er semestre 2019 qui a profité à plus de 5200 élèves scolarisés dans la région de Fahs Anjra.

La Fondation Renault Maroc est au service des populations riveraines à l‘activité du Groupe Renault Maroc et assurera la continuité de l’activité RSE du Groupe tout en encourageant de nouvelles initiatives.