Aéronautique : Le Maroc dans la Cour des grands

Le Royaume est entré dans une nouvelle ère aéronautique où l’intégration locale est le fer de lance. De par sa proximité avec l’Europe, son infrastructure permettant sa connectivité, la région Tanger-Tétouan Al Hoceima entre dans la Cour des grands.

Depuis quelques années, les métiers mondiaux que le Maroc a érigés en choix stratégiques commencent à générer les fruits escomptés. Avec les nouveaux métiers, le Maroc devient de plus en plus visible dans les radars des investisseurs étrangers.  Ce n’est pas fortuit, grâce à sa proximité avec l’Europe et sa politique très attractive en matière de développement industrielle, le Maroc a naturellement séduit les acteurs de l’industrie aéronautique. Ces entreprises, des filiales de sociétés étrangères, fabriquent : les pièces en composite, échangeur d’air, pièces de pression, revêtement de surfaces…

Le Maroc s’est même hissé au rang de premier exportateur de produits aéronautiques sur le continent africain. Les métiers mondiaux du Maroc commencent à se refléter aussi bien en matière des exportations que d’investissements. Faut-il rappeler que le secteur aéronautique marocain compte aujourd’hui près de 140 entreprises et emploie directement près de 16.700 personnes qualifiées. Le chiffre d’affaires à l’export s’est élevé à 1,6 Md de $. Le secteur enregistre également une plus forte croissance annuelle avec un taux de 22%.

Les derniers chiffres publiés par l’Office des changes à fin juin 2019 montrent qu’à lui seul le secteur aéronautique a permis 6.181MDH d’exportations contre 5.073MDH un an auparavant (soit +21,8% ou 1.108MDH) faisant mieux que l’automobile (une hausse de 19,2% à fin juin). Cette embellie des exportations revient à quelques 140 entreprises (Airbus, Bombardier, Dassault…) installées au Maroc. C’est pour dire que dans le secteur de l’aéronautique, le Maroc a entamé un grand Virage. Comme l’a si bien annoncé le ministre de l’industrie Moulay Hafid Elalamy  à l’occasion du Salon de Bourget à Paris qui s’est tenu du 17 au 23 juin : « Le taux d’intégration locale a presque doublé depuis le lancement du Plan d’accélération industriel (PAI) passant de 17,5% fin 2014 à 34% à fin 2018. Cette augmentation confirme la capacité de la plateforme marocaine à produire davantage localement et ne plus servir uniquement de zone de délestage à bas coûts ».

A l’aune de cette fulgurante ascension dans l’’investissement aéronautique, la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a eu sa part du gâteau.

Le 6 février 2018, Daher a inauguré sa nouvelle usine à Tanger. L’avionneur et équipementier industrie et services renforce ainsi sa présence au Maroc après l’ouverture des deux premiers sites, à Tanger en 2001, puis à Casablanca en 2007. Située à 500 mètres du premier site, dans la Tanger Free Zone, près de l’aéroport, la nouvelle usine de Tanger permet d’accompagner la montée en cadence des programmes aéronautiques mondiaux dont Daher est le partenaire, et ainsi de mieux répondre aux exigences de ses clients (Airbus Commercial Aircraft, Airbus Helicopters, Dassault…).

Avec ce nouvel investissement de plus de 15 MEuros (soit 161 MDH), Daher poursuit son développement au Maroc où l’écosystème aéronautique est en plein développement. D’une superficie d’environ 10 000 m2, ce nouveau site porte à 30 000 m2 la surface de production de Daher au Maroc. Il emploiera à terme plus de 250 salariés, qui complèteront l’effectif de 550 personnes travaillant sur les deux premiers sites.

Les opérations de production de la nouvelle usine de Tanger ont débuté au 3ème trimestre 2017. L’ensemble des savoir-faire de Daher dans l’aéronautique y sont représentés : structures métalliques et composites, et pièces pour l’environnement moteur des avions.

Les entreprises basées à Tanger se déclinent aujourd’hui en 15 membres et 2.500 employés (voir tableau).

Nous pouvons même parler aujourd’hui de « success stories » qui devraient se multiplier dans les années à venir.

Source : Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales

Il faut dire que le secteur est en pleine croissance avec des indicateurs solides. Mieux encore, les objectifs fixés à l’horizon 2020 ont déjà été atteints notamment ceux relatifs à l’intégration locale qui étaient initialement de 35% à horizon 2020 et qui seront revus à la hausse à 42%. Même tendance pour la création d’emplois qui sera revue à la hausse avec une croissance de taux d’employabilité de 67%.

Et ce n’est que le début…

Avec Tanger Med II, les perspectives ne peuvent être que prometteuses parce qu’aujourd’hui, les opérateurs qui s’installent au Maroc seront confiants et rassurés étant donné que le port Tanger Med II est placé au niveau des standards mondiaux. Ils feront tout bonnement confiance au complexe portuaire parce qu’ils trouvent les mêmes services et qualité qu’ailleurs.

Le grand défi maintenant est de pouvoir maintenir le cap tout en sachant que Tanger Med va générer plus de productivité en termes de manutentions de conteneurs, de lignes maritimes et de connectivité pour le Maroc. Ce qui, évidemment, va avoir un impact positif sur toutes les activités connexes qui se développent dans l’arrière-pays.

A ce titre, il faut préciser que les zones d’activités occupent aujourd’hui 1600 ha sur une base foncière de 5000 ha. Donc pour les opérateurs aéronautiques souhaitant s’installer au Maroc, il y a encore de l’espace disponible.

 

 

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