Le Maroc dans le cercle très fermé des constructeurs mondiaux

Le Maroc est devenu en moins de 15 ans le premier hub de la construction automobile sur le continent africain. Et dans quelques années, il dépassera même des sites européens de construction. Et ce n’est pas par le fruit du hasard que l’industrie automobile hissée au rang de métier mondial du Maroc, est devenue le premier poste d’exportation marocain avec plus de 60 milliards de DH de chiffre d’affaires réalisé en 2018.

Centenaire au Maroc, l’industrie automobile a été essentiellement construite autour de la SOMACA. Dans ce sens, et dès l’accession de SM le Roi au trône, une attention particulière a été accordée à ce secteur. La stratégie de repositionnement du secteur automobile se poursuit ainsi avec la cession en juillet 2003 de la participation publique dans la SOMACA (38% du capital) au constructeur français Renault et par la conclusion, avec ce dernier, d’une convention portant sur le lancement de la nouvelle « voiture familiale ». Ce nouveau projet mobilisera 220 MDH hors prix de cession et constitue le premier jalon de la mise en place de l’écosystème Renault au Maroc. En effet, la convention avec le constructeur permet d’intégrer l’outil de production nationale dans la stratégie du constructeur.

Le développement du secteur va connaître un tournant historique en 2005, plus précisément le 21 décembre, lorsque le Plan Émergence est officiellement présenté à SM le Roi Mohammed VI par le premier ministre de l’époque, Driss Jettou.

Commence alors une belle épopée !

Le Royaume déploie une série de mesures en faveur du secteur qui sera couronnée en septembre 2007 par la signature d’un protocole d’intention entre le Royaume du Maroc et l’Alliance Renault-Nissan prévoyant l’implantation d’un complexe industriel dans la région de Tanger.

Le fort développement du secteur aussi bien sur le plan des équipementiers que des constructeurs incitera le Maroc à peaufiner davantage son offre dans le cadre du Pacte national pour l’émergence industrielle étalé sur la période 2009-2015. L’offre Maroc sera axée autour de six initiatives ciblant les équipementiers, les constructeurs, les constructeurs de spécialités, la formation, la promotion et surtout la création de plateformes industrielles intégrées dédiées. L’engagement au plus haut sommet de l’Etat est un élément déterminant de la réussite de cette stratégie qui sera rehaussée par le Plan d’accélération industrielle.

Ce que propose le PAI

Présenté devant le Roi en avril 2014, le PAI capitalise sur tout ce qui a été réalisé mais propose une approche nouvelle basée sur la mise en place d’écosystèmes performants. Il faut rappeler d’ailleurs que l’année 2015 marque une première en matière des exportations marocaines : les exportations du secteur automobile ont dépassé celles des phosphates.

Tout en soutenant l’écosystème Renault, le Royaume approche d’autres constructeurs pour pérenniser son industrie automobile. Et la mayonnaise prend rapidement notamment avec la signature en juin 2015 d’un accord entre le Royaume du Maroc et le groupe français PSA Peugeot Citroën portant création de l’usine PSA dans l’Atlantic free Zone. Quatre années plus tard, sa Majesté le Roi Mohammed VI inaugurait l’usine PSA qui constitue le cœur de l’écosystème créé dans cette zone puisqu’elle produira à terme 200.000 véhicules, créera 4.000 emplois directs et 20.000 indirects avec tous les fournisseurs implantés autour et surtout créera un noyau important de recherche et développement avec ses 600 ingénieurs et les 1.700 autres ingénieurs au sein des fournisseurs PSA. Cette entrée en service qui augmente la capacité annuelle de production du secteur, positionne davantage le Royaume dans l’échiquier mondial de l’industrie automobile.

En effet, si l’on compte l’écosystème BYD Auto Industry, dont le projet a été présenté au Souverain et le protocole d’accord signé en décembre 2017, le Maroc dépassera rapidement le cap symbolique d’un million d’unités produites par an et dépassera des pays comme l’Italie dans ce domaine.

Pour l’instant et à moins de deux années de son échéance, le secteur a créé, entre 2014 et 2018, plus de 85.000 postes d’emplois sur le total des 405.000 créés sur cette période. Aussi, le secteur a atteint une capacité de production annuelle de 600.000 véhicules et dépassera certainement les 700.000 à fin 2020. En termes de taux d’intégration, si l’objectif du PAI est d’atteindre un pourcentage de 50 %, la première voiture produite par l’usine PSA présente un taux d’intégration de 60 % et l’usine va atteindre à terme un taux d’intégration de 80%.